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Par Mathieu T

Au menu aujourd’hui, des blagues, des blagues et des blagues. Et comme dirait l’autre, « c’est pas parce qu’on rit que c’est drôle ».

Lucky Luke – Les Tontons Dalton

Couv_224356Il y a d’abord les bons albums : À l’ombre des derricks, La caravane, La ville fantôme. Puis les géniaux : Des barbelés sur la prairie, Les Dalton se rachètent, Le pied-tendre. Et les franchement mauvais : Le ranch maudit, Le pont sur le Mississipi, Le prophète. Leur point commun est René Goscinny, véritable orfèvre du jeu de mot, dont la présence ou l’absence provoque la relecture pour la trentième fois ou l’impression d’avoir lancer son argent par les fenêtres.

Depuis la mort de Morris en 2001, Laurent Gerra et Achdé ont repris le flambeau (avec d’autres auteurs bien sûr) avec plus ou moins de succès. Qu’en est-il de leur sixième essai ?

Rien à dire du dessin d’Achdé qui, de livre en livre, fait du Morris sans caricaturer Morris. Parfois c’est à s’y méprendre, parfois le lecteur sent la personnalité du dessinateur (page 26 par exemple). Chouette travail.

L’idée de s’inspirer pour l’histoire des Tontons flingueurs de Georges Lautner est excellente. Longtemps considéré comme un nanar, le film est devenu culte grâce à ses répliques savoureuses et ses gueules impossibles (Ventura ! Blier ! Lefebvre !). Malheureusement, Gerra et Pessis ont utilisé les Daltons comme moteur scénaristique. Une chose, messieurs : le lecteur est fatigué des Dalton et de leur mécanique humoristique trop prévisible. Il y a des gags bien ficelés certes, mais la surprésence des frères moustachus use l’intérêt de l’amoureux du cowboy solitaire.

Pas un mauvais titre, mais loin de ceux de maître Goscinny.

Lucky Luke – Les Tontons Dalton

Auteurs : Laurent Gerra et Jacques Pessis (scénario) Achdé (dessins)

Éditeurs : Lucky comics (2014)

46 pages

New York 1979

pochep-new-york-1979-235x300Pochep, qu’es-tu devenu mon ami ? Où te caches-tu ? Quelle pochade nous présentes-tu cette fois ?

New York, 1979. Le poil est vénéré et les testicules sont mises en évidence sous des vêtements en polyester brun. Quatre destino-pelages se croisent : Jonathan Parker, photographe le jour, super-héros de la mode la nuit, Cassaro et Konaski, de la Brigade Capillaire, Warren, tourmenté par les changements sociaux et Doug, vieux modèle pour catalogue.

Comme seul Pochep connaît le secret, c’est un long délire filamenteux et coloré qui attend le lecteur, de l’arrestation musclée des coiffeurs optant pour les nuques dégagées aux tribulations vestimentaires du Tisseur à propos du dernier cri. C’est drôle, c’est con, c’est en vogue. Les cases sont éclatantes de tonsure et les personnages bouffis d’élégance.

Album prémonitoire qui traduit les angoisses du mâle à l’aube des bouleversements des années 80 ou livre velu sans queue ni tête sur l’art de porter la moustache et le costume en denim à 30 degrés Celsius ?

À vous de choisir.

New York 1979

Auteur : Pochep

Éditeur : Fluide Glacial (2014)

62 pages

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