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source : Lastman tome 6, éd. Casterman 2014.

par Mathieu T

Le manga Lastman est en voie de devenir le prochain tube planétaire, Bastien Vivès est l’homme à inviter dans les partys et le nom de Richard Aldana se glisse très bien dans une discussion entre un thé et un petit four.

Mais est-ce que cet engouement est justifié ? Force est d’admettre que oui et je ne suis pas seul à le penser. Lastman vient de remporter le Fauve de la meilleure série à Angoulême.

À la base, l’histoire, un shonen tout ce qu’il y a de plus classique avec ses jeunes en pleine quête initiatique, ses scènes de bagarre survoltées et sa magie à deux ronds, n’attire pas tellement le lecteur. Dans un monde vaguement médiéval sont organisés annuellement des combats afin de désigner un grand champion. Adrian Velba, un jeune garçon maigrichon participe pour la première fois, mais son partenaire le laisse tomber. Voilà qu’apparaît au détour un malabar qui le prendra sous son aile.

Les auteurs, qui travaillent à six mains, auraient pu paresseusement s’en tenir à la dynamique combat-apprentissage. Au contraire, même si les duels sont, ma foi, assez divertissants, la trame narrative s’épaissit au fil des tomes en se reposant sur un mélange judicieux de drôlerie (c’est le propre de ce type de manga), de cases très touchantes (surtout entre Adrian et sa maman), de clins d’œil et de références à la culture pop et une petite dose de critique de notre monde contemporain halluciné.

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source : Lastman tome 6, éd. Casterman 2014.

 

Davantage, les personnages féminins, trop souvent réduits à des autruches idiotes, sont ici forts, intelligents et complexes. Le lecteur remarquera tout de suite l’influence de Vivès, un habitué des très beaux rôles féminins (Le goût de chlore et Polina). Elles sont d’ailleurs magnifiquement dessinées ; quelques traits noirs soulignent toute leur beauté.

Le tome 6 clôt admirablement bien le premier cycle (qui devrait en compter un deuxième de six tomes). Plusieurs réponses sont offertes, certaines questions restent en suspens et la finale, mon dieu, quelle finale… Je vous lance le défi de ne pas verser une larme quand vous aurez terminé de lire le livre.

Bien sûr, Lastman n’a pas la profondeur de Blast ou le visuel stimulant de Fantômas, mais le manga réussit là où des tonnes de bédés échouent : le lecteur embarque et tourne hystériquement les pages, avide et repu à la fois.

Du caramel pour l’âme.

9/10

Lastman tome 6

Auteurs : Bastien Vivès, Balak et Michaël Sanlaville

Éditeur : Casterman (2014)

214 pages

 

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