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source : Vacuum, éd. Rackham, 2014.

par Pedro Tambièn

Une fable sur l’adolescence, un scénario glauque digne de Charles Burns et un dessin éthéré inspiré par Tony Sandoval !

Tandis que les adultes « ont baissé les bras, se sont accommodés de tout » dans ce bas-monde, un adolescent essaie de comprendre pourquoi il est en train de perdre son meilleur ami et les raisons derrière les comportements erratiques de sa première blonde.

On ne connait pas les prénoms des deux personnages principaux; celui de la fille “évoque l’été” qui est sur le point d’arriver. Les autres personnages ont peut-être des prénoms, ils ont surtout des névroses : obsessions malsaines, cerveaux lavés par un bad trip, agissements bizarres…

Lukas Jüliger, un Allemand de 27 ans, pond une première bédé au scénario digne d’un vétéran du 9ème art et au graphisme hypnotisant : on semble flotter dans le très doux, alors que les thèmes sont crus et les actions des adolescents, cruelles. Un peu comme dans le film Donnie Darko, le lecteur est dans l’œil du cyclone : tout est très calme, trop même. La situation est sur le point exploser d’un moment à l’autre.

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source : Vacuum, éd. Rackham, 2014.

 

Cette bédé mérite d’être découverte en plongeant dedans la tête première. L’histoire est sombre et le lecteur peut se sentir vite prisonnier de cet univers clos où n’existent que des maisons sans identité, une école fade lieu de toutes les peurs, hontes et dégoûts, une forêt très dense mais sans issue et des terrains vraiment vagues.

Un certain côté surnaturel à l’histoire la rend captivante et son dénouement, horrifique, propose aussi certains moments d’amour très beaux.

8/10

Vacuum

Scénario et dessins : Lukas Jüliger

Éditeur : Éditions Rackham (2014)

128 pages

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