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par Mathieu T

Xavier Dorison (Le troisième testament, Long John Silver) fait partie des auteurs populaires (voir ici : succès critique + vente d’albums) dont les nouvelles productions valent la peine d’y jeter automatiquement un coup d’œil. Deux éléments restent constants dans son travail :

1-Un personnage central fort, sans peur et plein de reproches, au passé lourd, qui a un pouvoir d’attraction et de répulsion sur le lecteur.

2-Des séries qui ne s’étirent pas inutilement, même si, comme Le Syndrôme d’Abel, elles prennent parfois trop de temps à se terminer. Les histoires de Dorison sont toujours racontées sans détour et elles se dévorent.

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source : Ulysse 1781, éd. Delcourt, 2015.

Ulysse 1781 : Le cyclope

Ulysse Mc Hendricks est capitaine dans la jeune armée américaine et après avoir vaincu l’ennemi à Yorktown, il apprend de son fils que les Anglais ont mis la main sur New Itakee où se trouve sa femme. Rapidement, ils prennent la route de la maison. Mais le chemin sera jonché d’embûches.

Relecture libre de l’Odyssée dans un contexte Nouveau-Monde, voilà bien une idée du prolifique Dorison, qui s’amuse ici et là, avec plus ou moins de subtilité, à glisser des parallèles entre les deux œuvres. Le récit est un peu simpliste et pas toujours crédible (la traversée de la forêt en bateau ? Vraiment ?), mais l’auteur, qui sait tirer les bonnes ficelles aux bons moments, tout en ajoutant son incontournable touche fantastique, est efficace.

Cases biens remplis aux images bondissantes, c’est une bédé qui se lit vite et bien.

7,5/10

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source : Undertaker, éd. Dargaud, 2015.

Undertaker : Le mangeur d’or

Un titre très attendu, probablement, comme le souligne prétentieusement le collant appliqué sur mon album, parce que c’est « le plus grand western depuis Blueberry ». Ouf.

Au départ, que de bons mots pour Ralph Meyer aux dessins, qui avait fait des merveilles avec Asgard, une autre belle mini-série de l’ami Dorison. La couverture émerveille, tout en ombre et en soleil. Elle pue la mort. Puis dès les premières cases, c’est le choc. J’ai vraiment eu l’impression de regarder du Jean Giraud période Mine de l’Allemand perdu/Spectre aux balles d’or. Les traits, les angles, les clairs obscurs. Certains lecteurs s’offusqueront peut-être devant ce travail de copiste, mais pour moi, c’est Meyer qui a bien absorbé Giraud.

De son côté, Dorison a puisé dans ce qui avait fait la marque de commerce de Blueberry : un héros parfois moral, parfois amoral, doté d’un humour douteux, des crapules partout, des plans foireux, de la bagarre, une certaine idée de la justice. Le récit est haletant du début à la fin et le lecteur se laisse prendre facilement au jeu.

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source : Undertaker, éd. Dargaud, 2015.

 

Laissons donc les auteurs prendre leur distance avec les grands maîtres et courrons lire la suite qui devrait paraître cet automne sous le titre de La danse des vautours.

8,5/10

Ulysse 1781 : Le cyclope

Auteurs : Xavier Dorison (scénario) Éric Hérenguel (dessins)

Éditeur : Delcourt (2015)

62 pages 

Undertaker : Le mangeur d’or

Auteurs : Xavier Dorison (scénario) Ralph Meyer (dessins)

Éditeur : Dargaud (2015)

54 pages

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