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source : Ab Irato tome 3, éd. Vents d’Ouest, 2015.

par Mathieu T

Montréal est une ville parfaite pour y implanter le décor d’une fiction. Soit, elle n’a pas le charme vieillot des capitales européennes ni le coffre imposant des grandes villes américaines. Mais elle possède les qualités du joyau mal défini, heureux mélange d’ancien et de neuf, de laideur sans nom et d’adorables quartiers, de petits coins verts secrets et de larges espaces industriels.

De Montréal à la bédé, il n’y a qu’un pas à franchir, ce que fait allègrement le québécois Thierry Labrosse en proposant une trilogie de science-fiction dont l’action se déroule à Montréal. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Labrosse est un habitué des séries d’anticipation, lui qui a prêté ses pinceaux aux histoires de Christophe Arleston pour les cinq premiers tomes de Moréa.

Montréal, 2111. La population a chuté dramatiquement et la majorité des terres est inondée. Les affamés et les paumés se dirigent vers Montréal pour y chercher des occasions d’affaire et un peu de travail. Riel fait parti des derniers arrivants. Rêveur et naïf, il mettra rapidement les pieds dans une situation aux ramifications énormes impliquant une compagnie offrant la jeunesse éternelle, des rebelles engagés et enragés et une belle ténébreuse aux étranges pouvoir. Je n’en révèle pas davantage, pour ceux qui n’auraient pas lu les deux premiers tomes, sinon que Labrosse conclue son histoire avec élégance, révélant ce qu’il y a à révéler dans un fracas terrible.

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source : Ab Irato tome 3, éd. Vents d’Ouest, 2015.

C’est une trilogie qui se lit agréablement, mais qui n’a rien d’originale. Les thématiques de la compagnie mégalomane et de l’enfant sauveur de l’humanité ont déjà été traités à moult reprises et Labrosse n’en fait qu’une énième interprétation. Parfois, un auteur prend beaucoup trop de temps à placer son histoire ; ici, dès les premières pages du premier tome, Labrosse plonge le lecteur dans l’action. Il aurait peut-être été préférable de prendre un ou deux albums de plus afin d’épaissir la trame narrative. Malgré tout, Labrosse crée des personnages attachants et un monde qui donne le goût de le revisiter. Ce n’est pas rien.

Thierry Labrosse en a parcouru du chemin si vous comparez visuellement le premier Moréa à cet album. L’ambiance post-apocalyptique est incroyablement bien rendue, avec son style tout en rondeur, ses teintes bleutées et son découpage cinématographique. Les nombreuses scènes d’action, fébriles et détaillées, nous laissent haletant et en sueur. Labrosse se fait plaisir et à nous aussi.

Un album qui clôt une bien belle trilogie qui va parfois une peu vite.

7,5/10

Ab Irato tome 3 L’enfant prodige

Auteur : Thierry Labrosse

Éditeur : Vents D’Ouest (2015)

56 pages

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