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par Mathieu T

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source : Joker, éd. La Pastèque, 2015.

Deux faits rarissimes se sont produits pendant l’écriture de cette chronique. D’abord, j’ai jeté un coup d’œil à la critique emballée de Joker avant de lire la bédé, chose que je ne fais jamais (l’analyse devient biaisée, comme s’il fallait se positionner par rapport à un autre et non à l’œuvre en soi). Ensuite, je n’ai pas embarqué. Mais pas du tout. Je n’ai pas senti le projet de l’auteur ni la vie des personnages. Comme si j’avais regardé la prairie à travers la vitre d’un train filant à vive allure. Plusieurs relectures ont confirmé le même effet vide.

 

Pourtant, le livre est bourré de qualités. La prémisse est géniale. Trois cousins jouent aux cartes tous les dimanches et celui qui pose un joker peut changer de jeu, et de vie, pour une semaine. Imaginer les embrouilles. À chaque deux pages, le lecteur suit les péripéties d’un personnage en particulier dont les actions auront des répercutions de proche ou de loin sur le fil conducteur du récit, construit comme un gigantesque puzzle. Appuyé par un dessin sympa qui rappelle curieusement Scott Adams, l’architecture est habile et mise sur l’absurdité des scènes. Ça marche très bien. Mais pas sur moi.

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source : Joker, éd. La Pastèque, 2015.

Vous savez quand vous êtes le seul à ne pas avoir aimé une série télé adulée (« écoute Breaking Bad, c’est génial ! »)…

8/10 (en toute honnêteté)

Joker

Auteur : Benjamin Adam

Éditeur : La Pastèque (2015)

128 pages

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source : Lastman 7, éd. Casterman, 2015.

Les anglos utilisent une chouette expression pour parler des livres impossibles à déposer : un « page turner book ». Il n’y a pas vraiment d’équivalent en français, surtout pour un nom commun, mais j’aime bien la notion de dévoreur (celui qui mange notre temps et notre âme).

C’est tout là la force du triumvirat Balak, Vivès, Sanlaville : impossible de remettre en bibliothèque un livre de leur incroyable série de manga à la française du moment où vous l’avez ouvert. Le tome 7 n’échappe pas à cette règle.

 

Après un premier cycle à la finale dramatique (Breaking Bad peut aller se rhabiller), l’histoire fait un bond de dix ans. Emprisonné, Richard Aldana décide de se faire la malle et de retrouver le petit Adrian, aperçu sur une vidéo provenant d’une île pourrie. Mais les chose ne sont jamais simples et la garde royale, menée par Élorna, veut à tout prix ramener le « meurtrier » dans son trou.

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source : Lastman 7, éd. Casterman, 2015.

Toujours aussi vif, remplit de bastons et de poursuites, le scénario apporte des réponses et pose de nouvelles questions. Un bonbon addictif à l’état pur.

8,5/10

Lastman 7

Auteurs : Balak, Michel Sanlaville, Bastien Vivès

Éditeur : Casterman (2015)

200 pages

 

 

 

 

 

 

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