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Par Dany Rousseau :

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Dargaud (2015) Lupano/Cauuet

Pour une troisième fois, le scénariste Lupano et le dessinateur Cauuet réaniment avec plaisir notre trio de septuagénaires préférés. Si le premier tome s’était penché sur l’histoire du bourru syndicaliste Antoine et le deuxième tome nous faisait découvrir le passé militant de Pierrot l’anarchiste, ce troisième tome lance un nouvel éclairage sur le discret Mimile.

Les questions et les secrets abondent dans cet opus. Le récit débute alors qu’Antoine et Mimile gardent la petite Juliette pendant que Sophie revient d’une représentation de marionnettes dans une commune de la région. Les deux copains ont beaucoup à faire, car le Sud-Ouest est aux prises avec un déluge et le toit de la petite bicoque de Sophie prend l’eau. Mimile et Antoine, occupés à courir d’un bout à l’autre de la maison pour mettre des bassins sous les fuites qui coulent du plafond, sont interrompus par un mystérieux appel. La vieille Berthe demande de l’aide à Sophie. Ses moutons sont en danger, la rivière est sortie de son lit. En reconnaissant la voix d’Antoine, Berthe se met à l’invectiver et lui raccroche au nez. Dès lors, les intrigues et les questions s’enchevêtrent. Qui donc est cette vieille Berthe connue comme la folle du village? Qui arrête Sophie sur une route déserte pour l’interroger sur son voyage en Italie dans le tome un? Que nous réserve encore Pierrot avec son groupe anarcho-mal-voyant « Ni-yeux, ni maître »? Qui est ce personnage ne parlant qu’anglais qui semble sorti d’un film de pirate avec sa balafre et son œil crevé et qui cherche la « biouche »? Les nombreux retours en arrière nous aideront à comprendre une foule de choses sur le passé de notre trio qui ne sortira pas nécessairement grandit de l’aventure. Nous en saurons aussi davantage sur Mimile et sa vie d’aventurier dans l’hémisphère sud.

Encore une fois le scénario truculent de Lupano fait place aux répliques et réparties assassines. La mauvaise foi de nos héros est toujours aussi jouissive. Si Les vieux fourneaux représente encore un réel plaisir de lecture après trois tomes et que l’on en prévoit un quatrième, nous espérons tout de même que la série ne s’éternise pas. Ce serait dommage d’étirer et gâcher une si bonne sauce. Encore une fois si la vocation première de cette comédie est le divertissement, elle comporte encore une charge sociale réjouissante.

8.5/10

Les vieux fourneaux, t 3 : Celui qui part.

Auteurs : Wilfrid Lupano (scénario) Paul Cauuet (dessin)

Éditeur : Dargaud (2015)

64 pages

 

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La Revue dessinée (2015) Bourhis/Spiessert

Parue dans la Revue dessinée sous forme de feuilleton, #Cyberbook d’Hervé Bourhis et Rudy Spiessert raconte l’histoire de l’informatique et du monde numérique. Remontant jusqu’au IXe siècle à l’époque où le savant perse Al-Kharezmi invente l’algèbre et l’algorithme jusqu’à la sortie de l’Appel Watch l’an dernier, ce récit fascinant est assez exhaustif. Constitué de petites rubriques de trois ou quatre phrases, souvent agrémentées d’un dessin, #Cyberbook est un exercice de synthétisation en 92 pages assez extraordinaire. Ne se contentant pas de traiter de l’évolution de la technologie informatique proprement dite, les auteurs se penchent autant sur l’aspect culture-pop du numérique que sur ses artisans Alan Turing, Steve Jobs, Bill Gates, Mark Zuckerberg et les autres. #Cyberbook n’est pas un livre qui se lit d’un trait, le lecteur est vite gavé par tant d’informations qui s’enchaînent à un rythme effréné. Cependant, en dégustant le tout à petites bouchées, en laissant trainer l’ouvrage à couverture souple sur la table à café ou sur le porte-journaux des lieux d’aisance, #Cyberbook est une mine de savoir sympathique qui peuvent être utile pour impressionner ses convives lors d’un souper en ville.

8/10

#Cyberbook; L’admirable saga de l’informatique et de la culture numérique.

Auteurs : Hervé Bourhis, Rudy Spiessert

Éditeur : Les éditions La revue dessinée

92 pages

 

 

 

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