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Par Pedro Tambièn

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source : La Pasionaria, éd. Naïve livres, 2015.

Comme mon nom imaginaire l’indique, je suis féru de culture hispanique. Quel bonheur alors de pouvoir écrire une chronique sur ces trois bandes dessinées totalement différentes que seule la langue des protagonistes relie.

Dans la collection « Grands destins de femmes », Bernard Ciccolini et Michèle Gazier prennent le rôle des biographes de Dolores Ibarruri, aussi connue par son nom de plume : La Passionaria. Ibarruri a non seulement marqué l’imaginaire espagnol, mais aussi celui des mouvements communistes hors de son pays natal. Son « No Pasaran ! », à la fin de l’un de ses discours en pleine guerre civile espagnole, a été repris dans plusieurs contextes et reste son intervention la plus célèbre.

La Pasionaria, née au début du 20ème siècle dans un pays ultra-catholique, s’est battue pour changer son destin et celui de son pays. Elle s’est impliquée dans le milieu syndical, a écrit dans le journal des ouvriers et a clamé des discours lors des manifestations pour les droits des travailleurs. Quand le climat politique s’envenima et qu’une guerre civile s’annonça, elle ne flancha pas et resta aux premiers rangs du conflit, malgré tous les malheurs qui l’accablaient. Elle vivra en exil en URSS pendant 38 ans avant de revenir dans son pays natal.

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source : La Pasionaria, éd. Naïve livres, 2015.

Cette bande dessinée comble son mandat, qui est de donner une leçon d’Histoire et de présenter les grands moments de la vie d’une femme hors du commun. Cependant, comme c’est souvent le cas dans les séries thématiques, ces biographies à un seul tome empêchent d’examiner en profondeur des chapitres controversés ou douloureux de sa vie. C’est un album intéressant pour son contenu, mais qui ne convaincra personne que la bande dessinée était le meilleur format pour transmettre ces informations. On est loin, par exemple, de la fabuleuse série en quatre tomes de la jeunesse de Pablo Picasso.

7/0

La Pasionaria

Auteurs : Michèle Gazier (dessins) Bernard Ciccolini (scénario)

Éditeur : Naïve livres, collection Grands Destins de Femmes (2015)

85 pages en couleur, puis 3 pages de mise en contexte historique

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source : Le fantôme de Gaudi, éd. Paquet, 2015.

Comme dirait le commentateur sportif préféré de Mathieu T : « on se transporte à Calgary »… Pardon. Cette fois, on se transporte à Barcelone, dans une histoire contemporaine. Jesus Alonso Iglesias et El Torres ont confectionné

une bédé intitulée Le Fantôme de Gaudi, un polar aux allures mystiques. Le lecteur est témoin d’une série de meurtres semblant être liés aux lieux imaginés par Gaudi, ce fabuleux et fou architecte qui a donné à cette ville une identité si particulière. Un détective tente de comprendre ce qui se trame, tandis qu’une caissière de supermarché plonge malgré elle dans l’histoire, en croisant plusieurs fois un vieil homme ressemblant à s’y méprendre à Gaudi avant sa mort… il y a bientôt 100 ans.

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source : Le fantôme de Gaudi, éd. Paquet, 2015.

C’est un plaisir de visiter Barcelone au gré des dessins de Jesus Alonso Iglesias, et ses reproductions des oeuvres architecturales de Gaudi sont fort réussies. Certaines scènes sont un régal, notamment lors du dénouement de l’histoire. Cependant, cette bédé semble un peu trop forcer le côté gore des meurtres. Les auteurs nous auraient frappé sur la tête avec un panneau sur lequel était écrit « HOMMAGE À SE7EN » que l’on aurait trouvé cela un peu plus subtil. De plus, le style de dessin un peu cartoony pour le côté non-verbal des personnages est trop en contraste avec la teneur de l’histoire.

6/10

Le fantôme de Gaudi

Auteurs : Jesus Alonso Iglesias (dessins) El Torres (scénario)

Éditeur : Éditions Paquet, collection Calamar (2015)

110 pages en couleur, puis 15 pages de « making of »

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source : Le jour le plus long du futur, éd. Delcourt, 2015.

Prenons l’avion, traversons l’océan et atterrissons à Buenos Aires, ville préférée de Jorge-Luis Borges et votre serviteur, et lieu de naissance de Lucas

Varela, auteur du Jour le plus long du futur, une fabuleuse bédé silencieuse dans un futur rempli d’extra-terrestres, de robots, et d’empires de fast-food.

Ce bouquin d’une centaine de pages parle d’un conflit épique, qui ne durera même pas 24h, entre deux gigantesques corporations qui semblent chacune contrôler la moitié de la population avilie d’une ville méconnaissable. Les dessins sont superbes, l’humour est parfaitement dosé, l’illustration des émotions ou du passage d’une scène à l’autre est toujours fait avec finesse et efficacité. Ce petit livre est un pur bonbon. J’ai bien hâte de lire les futures créations de Varela et j’espère qu’elles seront plus longues que celle-ci !

8/10

Le jour le plus long du futur

Auteur : Lucas Varela

Éditeur : Delcourt, collection shampooing (2015)

110 pages en couleurs de bonbons

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source : Le jour le plus long du futur, éd. Delcourt, 2015.

 

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