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par Mathieu T

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source : Chlorophylle et le monstre des trois sources, éd. Le Lombard, 2016.

Chlorophylle et le monstre des trois sources

Auteurs : Jean-Luc Cornette (scénario) René Hausman (dessins)

Éditeur : Le Lombard (2016)

48 pages

La vie joue parfois de curieux tour et le lecteur est en droit de se demander s’il n’y a pas de signes cachés derrière les événements. Le 28 avril dernier s’éteignait à l’âge de 80 ans René Hausman, grand illustrateur de bande dessinée, peu de temps après avoir publié une reprise personnelle de Chlorophylle de Raymond Macherot, celui-là même qui a introduit Hausman chez Spirou. Coïncidence ? Peut-être.

Hausman, c’est avant tout un grand artiste de la case et un magnifique dessin qui sent bon l’ancien temps et la gravure. Son style animalier, si je puis m’exprimer ainsi, est reconnaissable entre tous et le présent album ne fait pas exception. Chaque case est un appel à un monde perdu et oublié, à une partie de nous-même enfouit sous des couches de béton. Il faut ouvrir une page au hasard. Le résultat est superbe.

Le récit est simple, un peu trop linéaire et sans l’humour particulier des albums de Macherot. Mais nous ne sommes pas là pour comprendre mais regarder cette magnifique parade zoologique.

Une reprise honnête pour une sortie magique.

8/10

Couverture16-212x300

source : Capitaine Albator – tome 1, éd. Kana, 2016.

Capitaine Albator – Dimension voyage tome 1

Auteurs : Leiji Matsumoto (scénario) Kouiti Shimahoshi (dessins)

Éditeur : Kana (2016)

165 pages

Le marketing carbure énormément à la nostalgie depuis plusieurs années et tout ce qui a construit notre enfance y passe : jouets, films, émissions de télévision, linges, etc. Une reprise manga de notre vénéré Albator ? Pourquoi pas.

Dès les premières pages, le lecteur est replongé directement dans son passé. Le but des auteurs n’est pas de proposer une relecture personnelle du personnage, mais carrément de relancer la marque Albator et de nous offrir tout ce qui a fait son charme. Au menu, une terre menacée, un Albator paria, le retour des Sylvidres, des personnages troublés et troublants, des politiciens véreux. L’humanité est sur le bord de la catastrophe humanitaire et écologique et le monde se divise en deux clans : ceux qui continuent à se remplir les poches sans se soucier que leurs gestes accentuent l’Armageddon et ceux qui luttent avec une foi inébranlable.

Le dessin noir et blanc reprend l’esprit de l’animé en accentuant davantage les zones d’ombres. Les Sylvidres sont superbes et Albator encore plus ténébreux.

Un retour aux sources réussi.

7,5/10

Tebori

source : Tebori – tome 1, éd. Dargaud, 2016.

Tebori tome 1

Auteurs : José Manuel Robledo (scénario) Marcial Toledano (dessins)

Éditeur : Dargaud (2016)

48 pages plus extra

Yoshi est un jeune délinquant japonais qui aime bien se coltailler avec d’autres bandes de motard. Il s’enfonce tranquillement dans le crime jusqu’à ce que son père le place chez son grand-père, un maître du tatouage. Ce qui aurait pu être un récit d’apprentissage et de rédemption bifurque à nouveau sur le chemin du brigandage. Débarquent chez son grand-père des gros bonnets Yakuzas, cette mystérieuse organisation criminelle. Et qui touche aux Yakuzas se brûle.

Tebori est une fascinante rencontre entre le monde du tatouage et des Yakuzas. J’en avais déjà parlé un peu lors de ma critique de Clan et de Little Tulip, mais ici l’approche est davantage philosophique que Tarantinienne. Robledo décortique en détail le métier du tatoueur, son code d’honneur et sa tradition et met en parallèle cette curieuse éthique avec celle des Yakuzas. Beaucoup de sang coule au nom de certains principes.

Le scénario est impeccable et présente les personnages de ce drame qui se terminera au tome 3. Le dessin est vif et mélange bien l’impression moderne (fait à l’ordinateur) et ancienne (les couleurs aquarelles). Les tatouages présentés sont crédibles et superbes et Yoshi, avec sa gueule de James Dean asiatique, ne demande qu’à le suivre.

Un bel album pour une série à suivre.

8/10

 

 

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