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source : Spirou et Fantasio 55, éd. Dupuis, 2016.

Par Mathieu T

Les aventures de Spirou et Fantasio – La colère du marsupilami

 

Quand j’étais ti-cul, deux camps s’affrontaient irrémédiablement : les pros Tintin et les pros Spirou. J’appartenais bien sûr au premier groupe. Les histoires simples, le dessin précis, l’impayable Capitaine Haddock m’apparaissaient à mille lieux du gribouillis immonde que représentait Spirou. C’est en lisant les albums de Gaston Lagaffe que je suis revenu à l’humble groom pour enfin l’apprécier à sa juste valeur.

Nous en sommes présentement au 55e du nom et au 6e album du tandem (incluant Les géants pétrifiés hors-série). La prémisse de l’histoire est génialement efficace. Spirou, Fantasio et le Comte de Champignac ne cessent de se disputer à cause du marsupilami. Le sujet est tabou. Intrigué par ce comportement bizarre, Spirou découvre avec stupeur que quelqu’un leur a retiré une partie de leur mémoire, effet probable de la zorglonde. Les amis partent alors à la recherche de leur passé et du marsupilami, clé de l’histoire.

Démarre ainsi une trop longue poursuite à travers la jungle où surgissent au détour d’un baobab, de vieux ennemis. Le début prometteur s’essouffle dans une panoplie de cascades sans saveur. Le lecteur, petit ou grand, s’ennuie. À trop vouloir remâcher le passé, on lui enlève son goût original. Il y a quelques tentatives d’humour (le gag avec De Mesmaeker et rigolo), mais le reste tombe à plat.

Le dessin dynamique poursuit la tendance Franquin sans déroger des codes. J’ai trouvé le marsupilami, animal difficle à représenter, franchement réussi, ce qui est dommage pour l’ensemble du projet.

Un album qui ne fait pas rêver.

5.5/10 (le .5 est attribué à la sympathique histoire du marsupilami par album au début du livre)

Les aventures de Spiour et Fantasio – La colère du marsupilami

Auteurs : Fabien Vehlmann (scénario) Yoann (dessin)

Éditeur : Dupuis (2016)

56 pages

Les_Fantomes_de_Knightgrave_Deuxieme_Partie_Choc_tome_2

source ; Choc, 2e partie, éd. Dupuis, 2016.

Choc – Les fantômes de Knightgrave (deuxième partie)

 

Quand j’étais ti-cul, le grand frère de mon ami Jean lisait des Tif et Tondu et je trouvais ça ringard et vieillot. Rien ne pouvait battre un bon Astérix. Et malgré toutes ses qualités et ses fans, c’est une série qui n’a jamais su accrocher mon cœur. Trop figé peut-être ? Je ne sais pas. Toutefois, le duo Maltaite (le fils de Will) et Colman propose une relecture intrigante de la jeunesse de Monsieur Choc, l’ennemi implacable et indestructible de Tif et Tondu créé justement par Will en 1955.

Une tendance très forte venant des comics américains est celle justement de la relecture du parcours de ces grands méchants de l’Histoire fictionnelle (Lex Luthor, Magneto, Loki, etc.), pensons d’ailleurs au classique d’Alan Moore The Killing Joke, et quoi de mieux que de leur créer une enfance et de nouvelles motivations diaboliques.

Colman agit de même. Après un premier tome divisé entre temps réel et passé, où le lecteur découvrait l’enfance difficile de Monsieur Choc, ce deuxième album poursuit la quête initiatique du jeune homme qui doit se démerder pour survivre. Nous voyons que l’apprentissage criminel n’est pas chose aisé et qu’il n’est pas facile de tuer un homme de sang froid.

Ce récit adulte et minutieux est rodé au quart de tour et il est fascinant de constater l‘accomplissement d’un destin aussi tordu que celui de Monsieur Choc. Habilement planté dans un décor historique crédible, l’album en ressort plus touffu.

Le dessin de Maltaite ne veut pas recopier celui de son père, même si de manière générale, c’est le trait classique de l’école de la ligne claire qui prédomine. Pensez davantage au Soda de Gazzoti. Solide. Une très bonne note pour les coloristes, dont le travail abondant et riche fait plaisir à l’œil.

Un succulent dépoussiérage.

8/10

Choc – Les fantômes de Knightgrave (deuxième partie)

Auteurs : Stéphan Colman (scénario) Éric Maltaite (dessin)

Éditeur : Dupuis (2016)

88 pages

 

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