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source : Lisa de la Nasa, éd. FLBLB, 2016.

par Mathieu T

 

Dans ma dernière critique (L’île), je glissais un mot sur l’attrayante et mystérieuse couverture. Lisa de la Nasa, bien que dans un registre davantage rétro-kitsch assumé, attire tout autant notre regard. De plus, l’emballage étoffé, la qualité du papier et le glacé de certains dessins donnent le goût de prendre le livre dans nos mains. Cette espèce d’expérience sensitive augmentée, que je rencontre maintenant fréquemment, me pousse à penser que les éditeurs font de plus en plus attention à leur produit. Bien sûr, des considérations marketing sont en jeu mais aussi, je crois, le souci d’offrir aux lecteurs un bel objet d’art.

L’aventure spatiale des héros débute avec la mission du commandant Lisa, en compagnie d’Ed le pilote et de Paul le géologue. Ils doivent détourner la course d’un astéroïde afin de le placer en orbite autour de la Terre et de pouvoir en extraire facilement les minéraux rares. Mais le comportement des trois membres de l’équipage changent à mesure que le temps passe en compagnie du satellite naturel. Sur Terre, John, le directeur de la Nasa, doit demander de l’aide au FBI pour découvrir qui tente de saboter la mission : la secrétaire hargneuse, le sous-fifre doué, le stagiaire bellâtre ou l’ex-astronaute fou. Pour l’aider, l’agence de renseignent lui envoie Jack Marten, un ami d’enfance. Mais qui tire les ficelles ?

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source : Lisa de la Nasa, éd. FLBLB, 2016.

Sous le couvert d’une histoire sérieuse d’espionnage et de science-fiction, Léo Louis-Honoré nous sert un heureux mélange débile, à la fois drôle, malin, mystérieux, plein de rebondissements et absurde. Il a su trouver l’équilibre entre l’humour et l’action, un peu comme les meilleurs Tintin. Les personnages, mêmes les « méchants », sont attachants et un peu ridicules. Les dernières pages et la finale toute en folie nous rappellent les bons album de Pétillon.

Pour mettre en image une telle extravagance, rien de mieux que l’école simpliste, dont le grand maître est Trondheim. La Nasa ainsi représentée est crédible mais à petit budget ce qui ajoute au loufoque de la situation. L’énergie des personnages est transmissible : ça crie, ça gueule, ça rit en grande quantité. Choix artistique fameux : chaque page de la bédé est colorée par une seule couleur et ses dégradés (jaune rouge, bleu, noir, etc). L’effet lunette fumée est garanti.

Une épatante lecture d’été.

8/10

Lisa de la Nasa

Auteur : Léo Louis-Honoré

Éditeur : Éditions FLBLB (2016)

134 pages

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