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source : Le juge * La république assassinée 2/3, éd. Dargaud, 2016.

par Mathieu T

Au départ, je réfère à l’excellente critique de mon comparse Dany de Cher pays de notre enfance, bédé qui couvre, entre autres choses, l’assassinat du juge lyonnais François Renaud le 3 juillet 1975. Notre livre du jour Le juge * La république assassinée se concentre lui strictement sur ce terrible meurtre, ses raisons et ses conséquences.

Surnommé « Le shérif » à cause de son accoutrement spécial (vestons à carreaux et moustache de colonel) et de la manière brusque et radical dont il traitait ses affaires, le juge Renaud a été nommé au palais de justice de Lyon en 1972. S’attaquant aux gangs les plus actifs (dont le fameux gang des Lyonnais), il a traité plus de 1500 affaire. Peu avant sa mort, il travaillait inlassablement à faire tomber des grosses têtes.

De cette mort symbolique, attribuée facilement à de petits voyous au service d’une mafia générique, le mystère reste entier. Au fil des ans, l’acharnement du système judiciaire à faire échouer les enquêtes et à tenter de fermer le dossier reste très suspecte. Personne ne semble vouloir ouvrir le panier de crabes sinon de courageux bédéistes.

En parfaite continuité avec le premier tome, l’histoire continue de mettre en lumière les sept dernières années d’existence du juge en se concentrant ici sur le gang des Lyonnais. L’étau se resserre et les grands bonnets décident de faire le ménage de leurs pions pour ne pas tomber à leur tour dans les pattes du Shérif.

Le scénario est prenant, précis et constitue un bel exemple d’enquête historique. À la lecture du dossier qui accompagne la bédé, l’auteur a bien fait son travail de recherche. Toutefois, clarté oblige, il y a énormément de textes et de dialogues. Sans alourdir l’ensemble, le lecteur doit être prêt à lire.

Le dessin est réaliste et ressemblant. Les nombreux personnages sont bien caractérisés. Sans affaiblir l’authenticité, j’aurais toutefois aimé avoir une touche personnelle comme dans le cas de Kersten.

Un deuxième tome réussi qui met en place une finale connue certes mais toujours troublante.

8/10

Le juge * La république assassinée tome 2/3

Auteur : Olivier Berlion

Éditeur : Dargaud 2016

68 pages

Hiver_Versipelle_tome_1

source : Vermicelle 1/2, éd. Akileos, 2016.

Le lecteur est d’abord intrigué. Sur la page couverture, un homme nu, peau de loup à la main, marche dans la neige. Au sol, une traînée de sang. Est-il blessé ? Vient-il de tuer un loup ? Son regard apeuré lance des signaux de détresse.

Dès les premières pages, nous sommes fixés. Harding, l’homme dénudé, vient de tuer Gunnulf le sorcier maître-loup et lui vole la versipelle, une peau magique. Mais en voulant détruire les pouvoirs mystiques du vieil homme, Harding s’empare au contraire d’un objet incontrôlable qui ne demande qu’à tout dévorer. Mais Gunnulf a un fils, Sigurd, mi-homme mi-loup, qui cherchera à comprendre ce qui s’est passé et à venger son père.

 

Planté dans un contexte viking, le scénario de Bauthian puise dans les grandes légendes nordiques et met en branle un curieux récit, mélange à la fois de magie tellurique et de vendetta. Ajoutons à la mixture des revenants et des paysans en colère et la soupe interpelle nos grandes peurs d’enfance : la nuit, les loups, la forêt. Le tout est habillement construit et le lecteur attend impatiemment la suite.

Malheureusement, le dessin n’est pas à la hauteur des prétentions du scénario. Il dégage une impression d’inachevée, pas tant dans le trait, mais dans la qualité générale, comme si la bédé était l’œuvre d’un étudiant en art plutôt que d’un artiste expérimenté. Par exemple, il y a une inconstante dans l’épaisseur du coup de crayon ou même du dessin, où certains visages tirent davantage du côté de Disney alors que dans la même case, d’autres imitent Rosinski. Et les expressions extrêmement exagérées des personnages, dans un contexte qui se veut réaliste, semblent totalement décalées.

Dommage.

6/10 

Versipelle * Hiver tome 1/2

Auteurs : Isabelle Bauthian (scénario) Anne-Catherine Ott (dessins)

Éditeur : Akileos (2016)

62 pages

 

 

 

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