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par Mathieu T

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source : Delilah Dirk tome 1 et 2, éd. Akileos, 2016.

Delilah Dirk est une jeune fille anglaise de bonne famille, mais au contraire de ses congénères qui portent de jolies robes et courent les bals bruyants, elle manie l’épée comme un mousquetaire et se bat comme un maître judoka. Elle parcourt l’Europe du 19e siècle à la recherche d’aventures rocambolesques et se retrouve un jour en prison à Constantinople. C’est là qu’elle rentrera monsieur Selim, un homme calme et doux qui prépare le thé à merveille. C’est le début d’une improbable amitié.

L’union de deux acolytes fondamentalement différents n’est pas vraiment une nouvelle idée, mais ici le coup de génie est d’avoir inversé les rôles. Delilah est une fille d’action, préférant agir avant de réfléchir, un chouette modèle féminin dans un monde noyé de princesses Disney. Le récit des deux albums est survolté comme son héroïne écorchant au passage l’histoire des guerres franco-anglaises. Le dessin est vif et pleine vie et les mous de m. Selim face au dynamisme de DD sont mourantes.

8/10

Delihah Dirk * tome 1 et 2 (Le lieutenant turc/Le shilling du roi)

Auteur : Tony Cliff

Éditeur : Akileos (2016)

157 et 268 pages

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source : Ligue de garage, éd. La Pastèque, 2016.

Je me souviens de deux saisons mémorables de hockey où l’un de mes coéquipiers était surnommé Jésus en raison de son look (barbe et cheveux) et de ses discours préparties plein de sagesse. Mais sur la glace, il ne faisait pas de quartier. Rémy Simard a aussi goûté à ce plaisir typiquement canadien des ligues de garage et partage avec nous son expérience, sur la glace, dans le vestiaire et tout ce qui gravite autour, des odeurs de poches d’équipement mal lavées aux personnalités spéciales.

Conservant le même ton humoristico-nostalgique que dans Mes Dinky, Simard, avec son trait agréable et rond, fait le tour de toute la patinoire comme on dit dans le jargon (ou pas). Ce que j’aime bien chez lui, un peu comme chez Zviane, c’est son talent pour dénicher des situations simples de la vie où l’on peut facilement identifier ses propres pathologies (haha). D’ailleurs, le ton autodérisoire de Simard, pas si loin de Woody Allen, fonctionne à merveille. Tour du chapeau garanti.

8/10

Ligue de garage

Auteur : Rémy Simard

Éditeur : La Pastèque (2016)

104 pages

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source : Louve tome 6, éd. Le Lombard, 2016.

La grande aventure de Thorgal continue, ce coup-ci du côté de Louve. Celle-ci, excédée d’attendre son père en compagnie de sa mère Aaricia, décide de partir le trouver. Sur son chemin, elle croise le bon Tjahzi (hé oui) dont le peuple a été soumis en esclavage par une bandes d’Alfes noirs. Ces derniers ont le grand projet de couper Yggdrasil, l’arbre sacré, et de semer le chaos dans l’univers. Louve, écoutant son grand cœur, va secourir son minuscule ami.

Je vous le dis tout de suite, ce n’est pas un bon Thorgal. Le dessin de Surzhenko est pourtant superbe, respectant à la lettre l’esprit de maître Rosinski. Mais le récit est confus, impliquant une tonne de personnages issus des autres albums comme la Gardienne des clefs et ça sent bon le recyclage. De plus, comme trop souvent dans les longues séries, c’est un album de passage. Certes la finale est intrigante, mais il est grand temps que les séries parallèles reconnectent avec la série-mère.

5/10

Thorgal / Louve tome 6 La reine des Alfes noirs

Auteurs : Yann (scénario) Surzhenko (dessins)

Éditeur : Le Lombard (2016)

48 pages

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source : Pas de retour en Ostalgie, éd. Steinkis, 2016.

Wanda est l’aînée de quatre filles qui grandissent à Szczecin, une ville industrielle de la Pologne post-Deuxième guerre mondiale. Coincées entre un père violent, une mère qui ne leur manifeste aucun amour et une société étouffante, Wanda et ses sœurs se réfugient dans les jeux, la littérature et surtout, les bras de grand-mère Helena, une femme moderne qui les mènera vers de nouvelles valeurs. Dans ce livre, Wanda décide avec frayeur de revenir sur ces années troubles.

Curieux bouquin que ce Retour. D’un côté, l’ambiance lourde et pesante de la Pologne communiste des années 60 est admirablement décrite et judicieusement juxtaposée avec la joie de vivre des fillettes. Le contraste est frappant et bien souligné par le coup de crayon plein de style de Fras. De l’autre, la longue psychanalyse de l’auteure, qui nous parle abondamment de son père autoritaire et de sa mère distante, est plutôt ennuyeuse. Le mixte des deux est, disons, pas fameux.

6/10

Pas de retour en Ostalgie

Auteurs : Wanda Hagedorn (scénario) Jacek Fras (dessins)

Éditeur : Steinkis (2016)

240 pages

 

 

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