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source : Pupa, édition Komikku. 2017.

par Mathieu T

La majorité des peuples ont historiquement vécu des traumatismes collectifs qu’ils tentent d’exorciser par tous les moyens, l’art étant probablement le plus évident. Pour les Japonais, les deux bombes atomiques larguées par les Américains sur leur peuple ont complètement modifié leur perception de la technologie et la peur de la science, mère de la techno, se retrouve dans un grand pan de leur monde fictionnelle. De Godzilla à Akira, l’homme a perdu le contrôle de sa création. Bien évidemment, l’univers des mangas n’échappe pas à cette terrible réalité.

Pupa est un bon exemple de cette fiction traumatique (le mot est de moi). Dans un univers vaguement futuriste, deux enfants à la vie familiale malheureuse sont contaminés par Pupa, un virus extrêmement puissant (bien sûr, créé en laboratoire par des savants fous) qui transforme la petite Yume en monstre mangeur de chair et Utsutsu, son grand frère, en individu capable de se régénérer. Vous voyez tout-de-suite le genre de dynamique morbide qui s’installe entre le frère, qui fournit son corps en pâture à sa sœur et la petite, qui mange le seul être qui l’aime vraiment.

Mais si l’on débroussaille cette trame absolument horrible et sanglante, le lecteur retrouve une magnifique histoire d’amour et la quête simple de quiétude et de bonheur. Le dessin de Sayaka Mogi, tout en trait fin, réussit à la fois à nous remplir de dégoût et de tendresse grâce à de nombreuses doubles pages chargées de noir et d’ombre, un peu comme celle de Tsutomu Nihei (Blame !).

Dame Mogi, une habituée des histoires d’horreur (Ao No Haha entre autres choses) a su créer un monde fragile, indiscipliné, dont la survie repose entre les mains de deux jeunes, une histoire belle et repoussante à la fois.

Un éprouvant récit qui s’est terminé en 2013 au Japon et qui devrait parâtre en cinq volumes en français.

Pupa

Auteur : Sayaka Mogi

Éditeur : Éditions Komikku (2017)

Série en français : 3 tomes parus (en cours)

source : My Hero Academia, éd. Ki-oon, 2017.

My Hero Academia tape sur un autre clou, mais conceptuellement toujours issu de la même idée du pouvoir technologique et de sa perte de contrôle. Nous vivons dans un monde où tous possédent un super pouvoir, qu’il soit insignifiant ou très puissant. Bien sûr, l’école est devenue un endroit pour apprendre à contrôler son pouvoir et à le catalyser correctement selon un code de moral bien précis. Toutefois, le quotidien n’est pas sans danger puisque se présente ici et là des monstres, des renégats et autres bibittes qui veulent à leur manière renverser l’ordre établi.

Ce qui fait le charme de la série est que le lecteur suit une panoplie de jeunes superhéros et de superhéros bien établis, mais surtout, d’Izuku Midoriya, l’un des rares humains à ne pas posséder de pouvoir. Celui-ci veut suivre les traces du célèbre All Might, le plus grand des grands, et s’inscrit au collège Yuei, un des plus reconnus en la matière.

La série est un succès absolu. Elle remporte le Sugoi Japan Awards en 2017 (un prix littéraire prestigieux au Japon) dans la catégorie manga et est nominée cette année à Angoulême dans la catégorie jeunesse. Le lecteur comprend vite pourquoi : héros attachants, dessin sans surprise mais dynamique, entre la bouffonnerie et le sérieux, scénario habile mélangeant le tragique et le comique, thème classique de quête spirituelle et de reconnaissance. Kohei Horikoshi a déjà plusieurs séries sous la cravate et le lecteur sent bien qu’il est en parfait contrôle de son univers. Sans rien révolutionner, My Hero Academia est une délicieuse friandise piquante.

My Hero Academia

Auteur : Kohei Horikoshi

Éditeur : Ki-oon

Série en français : 8 tomes parus (en cours)

 

 

 

 

 

 

 

 

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