Mots-clés

, , , ,

source : One-Punch Man, éd. Kurokawa, 2017.

par Mathieu T

Est-ce qu’il y a quelque chose de plus culturel que l’humour ? Est-ce qu’il y a un élément plus descriptif de l’état d’âme d’un peuple que la bonne vieille blague ? Entendre un humoriste en action nous donne à la fois un cliché du passé, du présent et du futur. Je vous pose la question après avoir côtoyé l’humour japonais : que nous dit-il sur lui-même ?

Prenons One-Punch Man en exemple. Originalement publié sur le web à partir de 2009 par un auteur se nommant One, ce manga est vite devenu viral (des millions de visites). Redessiné en 2012 en version numérique par Yusuke Murata (le papa de l’excellent Eyeshield 21 sur le football américain), il demeure un favori du public nippon. Au menu, une vaste parodie des équipes de superhéros style Justice League centrée sur les aventures de Saitana, une jeune mais puissant apprenti avec une tête d’œuf. Le récit est ridicule et tout le monde passe à la moulinette : les héros ont des noms comme « pri-pri prisonnier » et des allures pas possible (pri-pri est barbu et maquillé), les pouvoirs sont cons et trop puissants, les ennemis saugrenus (la carniplante aux pinces de crabe!) et les dialogues sans queue ni tête.

Et qu’est-ce que ça nous dit sur les Japonais ? Sans faire une thèse sur le sujet, on voit bien un grand désir à la fois de sortir des normes de cette société tissée très serrée mais aussi de ridiculiser la fascination toute nippone pour la culture américaine.

Une lecture édifiante.

One-Punch Man

Auteur : Yusuke Murata

Éditeur : Kurokawa (2017)

Série en français : 6 tomes publiés (en cours)

source : Reine d’Égypte, édition Ki-oon, 2017.

Le grand Hayao Miyazaki avait un don tout particulier pour mettre en scène de fantastiques héroïnes tout en force et en faiblesse. Malheureusement, cette tendance est plutôt rare dans le manga moderne qui a plutôt l’habitude de nous offrir de petites écervelées. Voilà que Reine d’Égypte nous propose une nouvelle héroïne dans un contexte fort particulier : l’Égypte des pharaons.

Nous sommes autour de -1492. Sethi, le fils du pharaon régnant, marie sa demi-sœur Hatchepsout et s’apprête à prendre le trône sous le nom de Thoutmôsis II. Il est jeune, beau et intelligent.

Mais revenons à Miyazaki. Ce premier tome s’articule autour d’Hatchepsout, une jeune femme forte, habile autant avec la parole que les armes, confiante et sensible. Elle est pleine de contradictions, de fragilité cachée, mais si parfois elle fonce sans réfléchir, son cœur est noble. Elle tente de se débrouiller dans ce nid de vipères qu’est le palais royal et d’éviter les confrontations avec son mari, un homme violent avide de femmes. Complexe et profond, Hatchepsout est un surprenant personnage à la hauteur du maître qui rappelle énormément sa Nausicaa.

Une série captivante qui fait du bien au féministe enfouit en nous.

Reine d’Égypte

Auteur : Chie Inudoh

Éditeur : Ki-oon (2017)

Série en français : un tome (en cours)

 

Advertisements