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source : Les royaumes carnivores, éd. Akata, 2017.

par Mathieu T

 

L’histoire de la bande dessinée et du dessin animé nous a enseigné que très tôt, les créateurs ont utilisé les animaux pour raconter leurs sagas. Mentionnons le Crazy Kat de Georges Herriman (1922) et bien sûr, le Mickey Mouse de Disney (1928). Les mangas possèdent leur lot de récits animaliers, le plus connu étant probablement Le roi Léo d’Osuma Tezuka (1951).

Les royaumes carnivores proposent une lecture bien différente des bandes dessinées animalières classiques. Au contraire des animaux à qui ont a attribué des comportements humains (rigolos comme dans Picsou ou horribles comme dans Maus), le récit est basé sur le principe que les animaux sont conscients qu’ils ont des comportements humains et leurs actions résultent de cette psychologie inversée : certains en profitent alors que d’autres veulent déboulonner cette tendance et revenir à un état plus naturel. Ainsi, dans un monde dominé par des lions étouffés par le pouvoir, Buena, une gazelle de Thompson dont le peuple est soumis à l’esclavage par les félins, s’échappe et cherche de l’aide pour renverser l’ordre établi. Une incroyable quête de retour à la nature.

Un manga étonnant dont certaines pages, cruelles et sanglantes, ne sont pas à mettre entre toutes les mains.

Les royaumes carnivores

Auteur : Yiu hata

Éditeur : Akata (2017)

Série en français : 2 tomes parus (en cours)

source : Moving forward, éd. Akata, 2017.

Kobe. 17 janvier 1995. 5h46 heure locale. Un séisme d’une magnitude de 6,9 sur l’échelle de Richter frappe la ville de plein fouet. Résultat : 6437 morts, 43 792 blessés et des dégâts se chiffrant à plus de 100 milliards de dollars. La petite Kuko, vieille de quelques jours, fera partie des victimes indirectes de la catastrophe. Elle perdra sa mère dans la calamité. Plusieurs années plus tard, le lecteur retrouve une jolie adolescente enjouée et a l’intelligence vive. Mais que se cache t-il vraiment derrière ce masque de bonheur ?

Le monstrueux nombre de séries manga portant sur l’adolescence ne se comptent plus et la qualité est rarement au rendez-vous. Bien que Moving Forward ne se démarque pas par sa thématique de base (des ados qui cherchent amitié, amour et sens à la vie), le manga offre des personnages principaux à la surprenante profondeur psychologique et enrobe leur démarche par un questionnement profond : quel est l’impact que peut avoir un tel séisme sur la vie des gens ordinaires (de la destruction de sa maison à la mort d’un être cher) ?

Une histoire riche en émotions et un manga intelligent pour adolescents. De plus, l’auteure a parsemé son livre d’extraits de son blogue personnel, ce qui ajoute à l’expérience intérieure de la lecture.

Moving Foward

Auteure : Nagamu Nanaji

Éditeur : Akata (2017)

Série en français : 3 tomes parus (en cours)

source : Man in the window, éd. Ki-oon, 2017.

Shuhei, 17 ans, reçoit une lettre anonyme lui proposant un rendez-vous dans une ruelle sordide de sa ville. Certain d’y rencontrer Ayaka le grand amour de sa vie, il tombe sur un homme trois ans plus vieux caché derrière une large fenêtre qui lui révèle plein de détails intimes de sa vie. Shuhei veut fuir, mais il est fasciné par l’homme sale et mal rasé. Il comprend sans le croire réellement que cet homme, c’est lui plus tard, un lui-même qui a complètement raté son existence. Par un effet mystérieux, une fenêtre s’est ouverte entre le passé et le futur et les deux Shuhei peuvent communiquer entre eux au présent. Bien évidemment, le passé influe directement le futur. Imaginez alors si le vieux Shuhei donne les numéros de la loto au jeune Shuhei…

Qui ne rêve pas d’aller fouiller dans son passé afin d’améliorer son présent, de rectifier toutes les mauvaises décisions que nous avons prises, de rétablir les injustices que nous aurions créées volontairement ou non ? Voilà toute la clé de cette histoire, mais comme un domino qui en pousse un autre et un autre, les effets sont sans fin et les personnages sont coincés dans un tourbillon de mensonges et de choix déchirants.

Mélangeant le concept de Quartier lointain de Taniguchi avec les déraillements temporels de Back to the Future et la charge morale de Death Note, Man in the Window, avec un dessin très sombre et brusque, creuse admirablement bien un filon déjà profond certes mais captivant. Et quelle belle page couverture !

Man in the Window

Auteurs : Masatoki (scénario) Anajiro (dessins)

Éditeur : Ki-oon (2017)

Série en français : un tome paru (en cours)

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