Mots-clés

, , , , , , , , , ,

Par Dany Rousseau :

rZbBl8D3QSTuDmaOQd98FH93i6tIThsA-couv-1200

Dargaud (2017)Zidrou/Lafebre

En France, les vacances à la mer ou à la montagne font presque autant partie de l’identité nationale que la baguette de pain ou le pinard. Il faut avoir été prisonnier de bouchons de circulation monstre par un beau samedi d’août pour comprendre tout le rituel de cette procession annuelle qui prend forme à partir de Valence, sur la Nationale 7, et qui se termine sur la Côte d’Azur. C’est ce qui explique aussi probablement le succès de la série Les beaux étés (Dargaud) du prolifique scénariste Zidrou et son compère illustrateur Jordi Lafebre. Comme la belle saison, ils nous reviennent de façon régulière depuis maintenant trois ans. Après le premier volume (1973, Cap au Sud) et le second (1969, la Calanque), les auteurs, pour l’été 2017, nous ont offert 1962 Mamz’elle Estérel. Dans ce troisième opus, nous assistons encore à un départ chaotique pour les vacances de la famille Faldéreaut. Encore une fois, comme dans les albums précédents, tout le clan attend Pierre, le père bédéiste, pour prendre la route. Ce dernier doit absolument encrer quatre pages de « Zagori le magicien » avant de pouvoir quitter la grisaille belge. Cette année 1962 est cependant spéciale pour Mado et Pierre. En plus de leurs deux filles de 6 mois et 3 ans, ils amèneront aussi en vacances mamyvette et gros papy Henry, les parents de Madeleine. Ayant eu un infarctus l’année précédente, Henry a dû vendre sa chapellerie et a tenu à offrir à Pierre une Renault 4L flambant neuve rouge esterel dans laquelle ils prendront tous place.

La descente vers le Sud ne sera toutefois pas de tout repos. Yvette, une snob très « vieille France » — même si elle est belge — prend beaucoup de place. Elle décide de tout. De la destination : Saint-Étienne au centre de la France où l’on ne trouve ni montagne ni mer ni rien de vraiment intéressant. Des visites : c’est à dire de toute les églises de la région. De l’hôtel : une auberge belge où on bouffe belge, où on dort dans des chambres à thématique belge, bref, où on se sent à la maison ! On imagine facilement que les tensions entre Yvette et Mado deviendront vite inévitables et Pierre devra faire le deuil de ses rêves de dépaysement, de pique-niques dans l’herbe, de Méditerranée et de nuits sous la tente.

La série Les beaux étés ne prétend pas révolutionner la bédé. Ce sont des histoires simples pleines d’humanité où ils ne se passent pas grand-chose, mais où les ambiances et les émotions sont au cœur du récit de vacances. Les dessins de Lafebre sont lumineux et épousent à merveille le propos de l’album. Les beaux étés peuvent être qualifié de « feel good bédé » jouant avec la nostalgie en nous gardant un demi-sourire aux lèvres et regard rêveur tout au long de notre lecture.

7.5/10

Les Beaux étés : t. 3 Mam’zelle Estérel

Auteur : Zidrou (scénario) Jordi Lafebre (dessins)

Éditeur : Dargaud (2017)

56 pages

Advertisements