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Par Dany Rousseau :

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6 Pieds sous terre (2017) Fabcaro

J’irai sans ambages, j’adore Fabcaro! L’ayant découvert dans Zaï zaï zaï zaï (6 pieds sous terre), j’avais été à l’époque complètement conquis par cette histoire rocambolesque d’un auteur de bande dessinée traqué à travers la France parce qu’il n’a pu présenter sa carte de fidélité dans un supermarché. Alors que toutes les polices de l’Hexagone suivaient la trace de ce pauvre type qui ne comprenait rien à la situation, la société se divisait dans les médias et chacun tenait à exprimer son opinion sur l’affaire du bédéiste fugitif. J’avais complètement adhéré à l’univers que m’offrait Fabcaro, qui sous des apparences de grosse déconade, faisait à sa façon une critique virulente de notre société de consommation. Dans Fabcaro, je retrouvais ni plus ni moins le ton de Claude Cloutier qui avec son Gilles La Jungle m’avait tant marqué dans « Croc » durant mon adolescence.

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6 Pieds sous terre (2017) Fabcaro

Tout ça pour dire qu’en fan de Fabcaro (le critique ne vous fera pas croire à son impartialité ici), je me suis fait un devoir de lire Et si l’amour c’était aimer? (6 pieds sous terre). Tout est dit dans ce titre fabuleux et nous comprenons dès le départ où l’auteur nous emportera. Nous sommes en plein cœur d’un pastiche de roman photo des années 70 qui raconte l’histoire de Sandrine et Henri qui vivent un parfait bonheur conjugal. Cependant, tout s’écroulera lorsque Sandrine tombera éperdument amoureuse de Michel, le livreur de macédoine. Le brun et ténébreux Michel sera long à comprendre les sentiments de Sandrine qu’il verra tous les soir, car celle-ci commandera de la macédoine quotidiennement durant un mois afin de pouvoir échanger quelques mots avec lui, sous le regard bienveillant, idiot et naïf d’Henri. Une fois que les deux amants finiront par se comprendre, ils vivront une idylle aussi brûlante qu’interdite.

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6 Pieds sous terre (2017) Fabcaro

Évidement, cette histoire d’amour sera truffée de situations complètement à côté de la plaque et de répliques hallucinées pour notre grand plaisir. Avec un dessin ultra-réaliste, voir figé, les gags visuels autant que les propos resteront dans des zones de non-sens désopilant :

« Henri : Que voulez-vous, comme dit le proverbe : Les femmes c’est comme les girafes, c’est dans les marmites qu’on reconnait les raisins secs.

Michel : Ah ah ah à qui le dites-vous, c’est tellement vrai. »

Si quelques passages sont parfois un peu long, il reste que Fabcaro nous fait franchement rire. Cet auteur est à mon avis un bédéiste qui n’est pas reconnu à sa juste valeur. Son talent pour l’humour absurde est immense. Si ce genre de comique est parfois jugé comme facile, j’aimerais ici vous détromper. L’absurde est un art complexe où le créateur marche en équilibre sur un mince fils entre le gag efficace et rythmé et le n’importe quoi qui tombe à plat.

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8.5/10

Et si l’amour c’était d’aimer?

Auteur : Fabcaro (dessins et scénario)

Éditeur : 6 Pieds sous terre (2017)

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