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Par Dany Rousseau :

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Pow Pow (2018) Bossé/Simard

Nous avions rencontré Yves il y a sept ans à l’époque où il était mieux connu sous le nom de Yves, le roi de la cruise (Pow Pow). Ce titre de noblesse étant évidemment ironique, le jeune homme écumait alors les bars montréalais en servant de bonasse « wingman » à son ami Michel, le plus grand séducteur à l’est de Papineau. Cette première collaboration du duo formé par Alexandre Simard et Luc Bossé avait été en 2010 la première publication des éditions Pow Pow. Si les admirateurs d’Yves attendaient depuis belle lurette la suite des aventures de leur héros, ils doivent pardonner à Bossé ce petit délai de production. En effet, entre temps, le bédéiste a travaillé comme un forcené pour hisser sa maison d’édition parmi les joueurs les plus importants de l’univers éditorial de la bande dessinée québécoise.

Quoi qu’il en soit, malgré son dur labeur, l’éditeur a entendu l’appel du « Roi » — ainsi que celui de Simard — qui le réclamait à sa table à dessin. Dans Yves, fidèle à lui-même, le personnage principal, comme le titre l’indique, conserve encore ses qualités de bon gars un peu naïf qui ne manie pas très bien les différentes règles de la séduction. En couple depuis un an et demi avec Danielle, ils emménagent ensemble et des projets d’avenir à long terme semblent vouloir s’ébaucher. Cependant, le ronron de la vie quotidienne menace et Yves fait face à un phénomène étrange. Le pauvre homme constate qu’il devient malgré lui un aimant pour le sexe opposé. C’est-à-dire que lorsqu’il rencontre une fille, il devient, sans qu’il ne comprenne trop pourquoi ni comment, une proie sans défense pour les prédatrices se cachant dans tous les recoins de Montréal. Virginie, qu’il croise à un arrêt d’autobus, se montre particulièrement audacieuse, ce qui trouble profondément notre bon Yves. Lorsqu’il se confie à Michel, son ami lui explique une théorie vaseuse voulant que les hommes heureux en couple émettent des phéromones irrésistibles pour les filles célibataires. Sceptique devant les certitudes de Michel, Yves tentera de jongler avec cette nouvelle réalité à laquelle il est confronté, ne sachant trop quoi faire avec ce super-pouvoir.

Yves, fidèle à lui-même est en parfaite résonance avec le premier volet. On y retrouve plusieurs personnages que l’on avait rencontrés dans le premier tome. Sans évoluer dans la veine de l’humour absurde et déjantée à laquelle Bossé et les éditions Pow Pow nous ont habitués, le scénariste Alexandre Simard possède toutefois sans contre dit un grand talent pour le comique de situation. Les aventures d’Yves feraient même selon moi un très bon « sitcom ». Les personnages sont attachants et l’on s’identifie facilement à eux. Nous connaissons tous dans notre entourage une Danielle, un Michel ou un Yves et sommes familiers des situations parfois abracadabrantes où ils sont plongés. Le dessin de Bossé est comme à son habitude minimaliste et sied comme il se doit aux dialogues inspirés de Simard.

8/10

Yves, fidèle à lui-même

Auteurs : Alexandre Simard (scénariste) Luc Bossé (dessins)

Éditeur : Pow Pow (2018)

216 pages

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