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De Dany Rousseau :

Casterman (2018) Bocquet/Bishoff

En 1923, dans une petite ville de Suède, Agnès Stjernkvist, la fille du riche entrepreneur local August Stjernkvist profite à plein de sa jeunesse. Les sévères conventions morales luthériennes ne sont pas pour elle. Agnès est une croqueuse d’hommes assumée, allant avec les garçons qu’elle veut, quand elle veut, jusqu’au moment où elle s’en lasse et passe au prochain. Toutefois, les jeux de l’amour étant parfois périlleux, alors qu’elle fréquentera Anders Anderson, un beau tailleur de pierre, employé par son père, elle se retrouvera enceinte. En découvrant cette fâcheuse situation, August forcera sa fille à épouser un amant qu’elle n’aime pas et transfèrera Anders dans une carrière qu’il possède dans le nord du pays.

Le couple honni, vivant maintenant dans une cité ouvrière isolée, Agnès pleure quotidiennement sur son existence de grande bourgeoise révolue. Amère et acariâtre, elle est profondément malheureuse dans son rôle de matriarche, méprisant son mari et ne supportant pas ses marmots. Après plusieurs années de cette vie lourde comme une chape de plomb sur les épaules d’Agnès, comme si le destin ne lui pardonnait pas ses paroles haineuses envers sa famille, un jour, le drame frappera le foyer du tailleur de pierre et il ne restera à Agnès que des remords. C’est ainsi que débute le dernier opus du talentueux scénariste Olivier Bocquet qui s’adjoint cette fois, l’illustratrice Léonie Bischoff pour nous offrir l’adaptions d’un polar de Camilla Läckberg intitulé Le tailleur de Pierre (Casterman).

Après nous avoir raconté la tragédie que vivra la famille Anderson, le récit fait un bon temporel de soixante années en nous ramenant dans la même petite commune de Fjällbacka, mais cette fois en 2003 où un autre malheur se prépare. Un matin, un pêcheur de la région découvrira dans ses filets le corps d’une enfant de sept ans, Sara Klinga. La présence d’eau douce et savonneuse dans les poumons de la fillette confirmera que sa mort n’est pas accidentelle. Quelqu’un a noyé Sara dans son bain et l’a jeté à la mer. L’inspecteur Patrick Hedström sera chargé de cette enquête, compliquée par les liens d’amitié qui unissent son épouse Érica et la mère de Sara, Charlotte. La petite communauté fortement ébranlée par ce crime horrible laissera percoler ses travers, ses secrets inavouables et son sombre passé.

Dans la plus pure tradition du polar scandinave, Le tailleur de pierre nous réserve plusieurs situations glauques et anxiogènes.  N’ayant pas lu le roman de Läckberg, nous pouvons toutefois affirmer que l’adaptation scénaristique serrée de Bocquet fait mouche. Il semble impossible de s’arrêter dès que l’on s’aventure à lire les premiers phylactères de cette histoire parsemée de personnages inquiétants très bien rendus par les illustrations de Bischoff. Pour les adeptes du genre, Le tailleur de pierre reste une belle découverte.

8.5/10

Le tailleur de pierres

Auteurs : Olivier Bocquet (scénario) Léonie Bischoff (dessins)

Éditeur : Casterman (2018)

128 pages

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