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Les Vieux fourneaux ; tome 5 ; Bons pour l’asile.

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Dargaud (2018) Lupano/Cauuet

Par Dany Rousseau :

La bande des Vieux fourneaux est de nouveau de retour pour un cinquième chapitre. Dans Bons pour l’asile, le duo Lupano et Cauuet nous entraîne à Paris où Mimile et Antoine débarquent pour assister au match de rugby France-Australie qui doit se dérouler au stade de France. Tout a été organisé par Errol : places VIP, accès aux loges et buffet à volonté… le rêve pour nos vieux amis ! Cependant, le Errol en question ayant eu un empêchement de dernière minute, Mimile et Antoine se retrouvent avec un billet en trop. Sitôt sortis de la gare, les deux compères doivent se séparer. Antoine, accompagné de Juliette, doit ramener sa petite-fille à sa mère Sophie et Mimile, aller se reposer à « l’Ile à la tordue », le repère anarchiste de Pierrot, tout en espérant le convaincre de venir au match avez eux.

Comme on peut s’imaginer, rien ne se passera comme prévu. Pierrot restera introuvable, car retenu en garde à vue pour un autre coup d’éclat pro-réfugiés réalisé avec son groupe « Ni yeux, ni maître ». Et Antoine tombera dans un traquenard organisé par Sophie qui obligera son grand-père à garder Juliette 24 heures avec son fils avec qui le vieux syndicaliste est fâché depuis des années.

Les Vieux fourneaux reste toujours sympathique, mais je dois avouer que la sauce s’étire un peu et les joies et les surprises que nous procurait par exemple le groupe de vieux anarchistes de Pierrot s’étiolent lentement. Cette série qui depuis ses débuts est résolument engagée socialement, à notre grand plaisir, devient de moins en moins subtile dans les messages qu’elle tient à délivrer. Même si j’adhère aux penchants politiques des auteurs, j’ai eu l’impression qu’on me faisait la morale. Ce cinquième chapitre est peut-être le moins habile dans sa construction narrative. J’ai peur que le scénariste commence à suivre une recette, ce qui n’est jamais d’un très bon augure. Cependant, j’ai confiance en Lupano et Cauuet; ils sont des bédéistes de talent qui pourront sans doute ramener leur série sur des chemins plus heureux. Ce serait trop moche de voir notre trio de séniors préféré s’éteindre après avoir été si lumineux.

Les Vieux fourneaux ; tome 5 ; Bons pour l’asile.

Auteur : Wilfrid Lupano (scénario) Paul Cauuet (dessin)

Éditions : Dargaud (2018)

56 pages

 

Folk — tome 1

Après un soir de beuverie, Jug, chien bâtard concierge dans un hôtel pourri d’un petit village de l’Ouest profond, rencontre un fantôme au carrefour d’une route en rase campagne. Le spectre conclut un pacte avec Jug. Le chien devra dénicher deux excellents musiciens et traverser le continent pour enregistrer un disque folk au célèbre studio d’enregistrement de la maison Delta. De plus, Jug, qui n’a jamais joué d’aucun instrument, même pas du triangle, se voit offert par le spectre errant un talent de guitariste prodige. Il a cent jours pour conclure son contrat. S’il réussit, il aura la gloire, le fric et les filles. S’il échoue, il devra céder son âme à l’inquiétant personnage, ce qui n’est jamais une bonne nouvelle.

Cette prémisse hilarante est la situation de départ de Folk, le premier chapitre d’une trilogie prometteuse de la bédéiste Iris publiée à la Pastèque. Après avoir conclu son pacte, Jug tente sans tarder de trouver deux autres comparses avant de prendre la route pour la réalisation de sa quête. Toutefois, grâce à ses talents de glandeur, sa filouterie et sa morale élastique, il accumulera les problèmes à notre grand plaisir. En effet, Jug se mettra dans plusieurs situations délicates qui laisseront place à d’excellents gags.

Iris nous entraîne avec elle dans un roadtrip qui joue agréablement avec les clichés western. On sent que l’autrice aime le folk et le blues par les différents clins d’œil qu’elle fait au lecteur. Dès le départ, la rencontre Jug et du fantôme évoque la légende selon laquelle le mythique bluesman Robert Johnson aurait conclu, dans un contexte similaire, le même type de pacte avec le diable (Ici, il faut relire notre critique de Love in vain).

Le monde anthropomorphiste d’Iris et son trait qui rappelle un peu celui de Lewis Trondheim sied à merveille à cette histoire décalée, peuplée de personnages secondaires hilarants. Iris possède le genre d’humour que j’adore, celui qui nous donne un petit sourire un peu idiot, pour qui nous regarde lire. Je suis impatients de connaitre la suite des aventures de Jug, un anti-héros auquel on s’attache vite.

8.5/10

Folk : Tome 1

Auteur : Iris (dessins et scénario)

Éditeur : La Pastèque (2018)

104 pages

 

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