La peau de l’ours 2 

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Par Dany Rousseau 

À une époque où Bdmétrique n’existait pas (2012), le talentueux scénariste Zidrou et son acolyte dessinateur catalan Oriol Henrnandez Sachez publiaient une bédé se déroulant au cœur des années 30 dans le milieu mafieux de la communauté italo-américaine. Poésie violente et étonnante, La peau de l’ours (Dargaud)  avait remporté à l’époque un beau succès critique et populaire.

Pour le deuxième opus de la série, La peau de l’ours 2 (Dargaud), Zidrou et Oriol ne font aucun lien avec la première époque. On efface l’ardoise et l’on repart à neuf sauf pour les années 30 où se déroule encore l’action. Ici, on ne se contente pas de mafia américaine. On se rend directement à la source, en Italie mussolinienne, dans la région des Pouilles en pleine campagne où règne une multitude de petits roitelets mafieux qui imposent leurs règles tyranniques au cœur de décors bucoliques où se mélangent le chant des cigales et les vagues de la mer Adriatique.

Zidrou et Oriol nous entraînent dans un récit tordu, violent et cruel qui débute avec un coup de feu et se conclut avec le même coup de feu. Dès les premières pages, on assiste à l’interruption d’un pique-nique familial par deux brutes. Le fils, Andréa 15 ans, sera forcé d’assister au meurtre de son père, au viol et au suicide de sa mère. Enfermé dans une valise de voiture, il sera libéré par un colosse se présentant comme étant Signor Damiani ou « Don Orso », un associé et lointain cousin de son père. Surgissant de la voiture, Andréa découvre les cadavres des deux assassins abattus par Don Orso. Maintenant seul au monde, Andréa est adopté par Damiani et sa femme. Ramené au domaine du richissime homme d’affaires, Andréa fait la connaissance du fils Aurélio et Natalia la fille. S’engagera alors un triangle amoureux bien imparfait où la passion, le crime et la violence s’entremêleront dans un chassé-croisé accrocheur.

Les ressorts narratifs de cette histoire sont d’une grande efficacité, l’intrigue est menée de main de maître et l’on sait dès le début que ça se terminera mal. Une relation ambiguë entre adolescents sous le toit d’un mafieux local ultra violent ne peut pas être une bonne chose. On devine que la plupart des personnages ne mourront pas de vieillesse dans leur lit. À mesure que le récit avance vers l’inéluctable, nous sentons le piège se refermer avec angoisse et grand plaisir. Le dessin d’Oriol Hernandez Sanchez est jubilatoire. Devant son coup de crayon gras qui donne toute son étrangeté aux protagonistes, le lecteur ne peut être que ravi. Cette suite de cases illustrées en parfaite adéquation avec l’intrigue ajoute au cynisme et à la noirceur du propos.

Une belle découverte qui nous sort de la monotonie du confinement qui commence à peser.

9/10

La peau de l’ours 2

Auteurs : Zidrou (scénario) Oriol Hernandez Sanchez (dessins)

Éditeur : Dargaud 2020

64 pages

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